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accueil >> actualités : afrique >> 17 avr. 2007
NIGERIA •  L'après-Obasanjo
Après deux mandats successifs à la tête de l'Etat nigérian, le président Olusegun Obasanjo s'apprête à quitter le pouvoir, juste après l'élection de son successeur qui aura lieu le 21 avril prochain. Le quotidien Cameroon Tribune tire un bilan de sa présidence et envisage l'avenir du pays.
Olusegun Obasanjo lors d'un défilé militaire, le 16 avril
AFP
Parce que le Nigeria n'est pas un pays comme les autres, des interrogations fusent déjà sur l'identité du successeur du chef d'Etat nigérian. Celui-ci aura-t-il le même charisme que son prédécesseur. En clair, ce pays qui se présente lui-même comme le "géant d'Afrique" ne va-t-il pas renouer avec ses vieux démons que sont la violence et la corruption ? Des maux que le chef de l'Etat nigérian a combattus avec plus ou moins d'efficacité au cours des huit dernières années.

Avant la deuxième arrivée au pouvoir du président Obasanjo en 1999, tout le monde - y compris les Nigérians eux-mêmes - s'accordait à dire que cet immense pays de près de 1 million de kilomètres carrés et peuplé de 140 millions d'âmes, était pratiquement ingouvernable. Dans les médias, on le décrivait comme un véritable enfer où la violence était endémique et la corruption galopante, un conglomérat de 250 tribus aux us et coutumes si différentes qu'elles ne rataient aucune occasion pour s'étriper. Et tout ceci sur fond de charia et d'indiscipline généralisée.

Ce n'est donc pas un hasard si le président Obasanjo, qui s'était déjà emparé du pouvoir par la force en 1976, a pris des précautions pour qu'il n'y ait plus de putschs dans son pays. En 1999, il a mis d'office à la retraite tous les commandants en chef des forces armées ainsi que leurs subordonnés immédiats. Mis à la retraite également de tous les commandants en chef des forces armées ainsi que leurs subordonnés immédiats. Mis à la retraite également de tous les officiers ayant rempli des fonctions politiques sous l'ancien régime militaire.

S'agissant de la corruption, il a mis sur pied une commission sur les crimes économiques et financiers. Pour la première fois dans l'histoire du Nigeria, des personnalités haut placées telles que des ministres ont été arrêtées, traduites en justice et condamnées, et, parfois, l'argent a même été récupéré. A-t-il utilisé ensuite cette commission pour faire pression sur ces adversaires comme l'affirment certains opposants ? Difficile à dire. N'empêche que la corruption, qui était galopante en 1999, a connu un sérieux coup d'arrêt.

Si l'on excepte les revendications des indépendantistes de la riche région pétrolifère du Delta, le Nigeria se présente aujourd'hui sous un meilleur jour, notamment dans le domaine artistique et culturel. C'est le seul pays d'Afrique noire à avoir un Prix Nobel de littérature. Mine de rien, c'est le troisième producteur mondial de films après l'Inde et les Etats-Unis. En grande partie, le Nigeria le doit au chef d'Etat sortant. Si le président Obasanjo a réussi à réconcilier le Nigeria avec le reste du monde qui le boudait un peu, il ne semble pas avoir réussi à réconcilier son pays avec lui-même. Les 250 tribus du pays ont du mal à coexister pacifiquement. Aux émeutes ethniques et religieuses s'ajoutent désormais des revendications indépendantistes des habitants de la région du delta. Ils réclament une meilleure répartition des richesses, notamment de la manne pétrolière. En dépit de solides réformes économiques, les progrès ne sont pas énormes. Le huitième producteur de pétrole mondial n'est même pas capable d'assurer son approvisionnement énergétique.
Ndzinga Amagou
Cameroon Tribune
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